La Biodiversité et les entreprises : un lien de réciprocité étroit !
IMPACTS ET DEPENDANCES
Le rapport de l’IPBES “Business & Biodiversity Assessment”, publié le 9 février 2026 est le 11ème de l’IPBES. Il présente la première évaluation mondiale dédiée à la relation entre les entreprises et la biodiversité. Ce dernier a été approuvé par des représentants de plus de 150 pays et rédigé par 79 experts de 35 pays avec la participation de scientifiques, de membres du secteur privé et de populations locales.
Son objectif est d’aider les entreprises à comprendre et mesurer leurs impacts sur la biodiversité mais aussi leurs dépendances vitales aux services qu’elle leur rend (les services écosystémiques). Sont ensuite proposées des actions pour agir efficacement afin de réduire leur contribution au déclin de la biodiversité ainsi qu’assurer leur propre survie à moyen long terme.
Sans surprise le document rappelle que tous les secteurs et toutes les entreprises dépendent de la biodiversité et ont un impact sur elle. Cela signifie donc que tous les emplois sont liés à la nature.
D’après ce rapport, les secteurs d’activités responsables de plus de la moitié du PIB mondial dépendent modérément à fortement de la nature. Il est primordial pour les entreprises de cartographier leurs impacts et dépendances, à savoir :
- Les dépendances peuvent être matérielles comme l’approvisionnement (en biomasse, en eau par exemple), la régulation (une forêt qui régule le risque d’érosion montagneuse des infrastructures) et non matérielles (la santé des habitants d’un territoire dépend de la qualité de l’air, les communes ou acteurs du tourisme dépendent de la qualité d’un espace naturel à proximité). Les dépendances peuvent être très fortes sans pour autant être visibles comme la pollinisation à l’autre bout du monde à proximité d’un fournisseur de second rang.
- Les impacts sont listés en fonction de leur contribution à l’effondrement de la biodiversité :
- Le changement d’utilisation des terres et des mers
- La surexploitation des ressources
- Le changement climatique
- Les pollutions
- Les espèces exotiques envahissantes
Ces impacts peuvent être par exemple :
- Directs, avec une entreprise extractive qui agit sur un biome entraine un changement d’usage des sols
- Indirects, avec des infrastructures liées à un bassin d’emploi (populations et services aux abords de l’entreprise)
- Cumulatifs, avec différents impacts d’entreprises peuvent se cumuler à l’échelle d’une même entité écologique.
RISQUES POUR LES ENTREPRISES
Ces impacts et dépendances génèrent des risques pour les entreprises.
Ils peuvent être :
- Physiques : inondations, sécheresses, maladies etc
- De transition (c’est l’écart entre les attentes et les actions de l’entreprise dans un contexte de transition, ils sont renforcés au fur et à mesure que les risques physiques s’aggravent) : Ils sont réputationnels, de marché, technologiques, réglementaires ou encore financiers.
Ces risques peuvent aussi être systémiques car ils ont des effets en cascade sur nos sociétés (par exemple la pollinisation et la sécurité alimentaire mondiale ou la déforestation et le risque de Zoonose). Selon le « Global Risks Report » du forum économique mondial, la perte Biodiversité est classée dans le top 5 des risques les plus grave sur un horizon de 10 ans.
Comme le rappelle Inger Andersen, directrice générale du Programme des Nations unies pour l’environnement (Pnue) : « En identifiant les risques à un stade précoce, nous pouvons contribuer à prévenir l’escalade des coûts – hausse des prix des denrées alimentaires, augmentation des primes d’assurance et instabilité économique – qui affectent les familles et les communautés du monde entier. »
Cependant, les acteurs privés n’ont aujourd’hui que très peu de données même s’il existe des outils pour mesurer correctement les dépendances et les impacts directs ou indirects (via la chaine de valeur par exemple). Les dépendances menacées par les impacts toujours grandissants augmentent le coût du risque et viennent ainsi éroder la rentabilité. C’est alors que la survie de bon nombre d’entreprises et donc in fine la stabilité de notre système économique est mis en danger.
« Un engagement plus fort en faveur de la nature n’est pas une option pour les entreprises, c’est une nécessité. Cette démarche est vitale pour leurs résultats financiers, leur prospérité à long terme et le changement transformateur nécessaire à un avenir plus juste et plus durable », explique la Colombienne Ximena Rueda qui est la troisième coprésidente de l’évaluation.
L’IPBES constate qu’il existe des obstacles à ce jour pour les entreprises comme celles qui suivent :
- Des modèles d’affaires non durables car basés sur une consommation matérielle croissante
- Des indicateurs financiers inadaptés avec une demande de rendement actionnarial élevé à court terme
- Des investissements publics et privés dont 7300 Milliards de dollars ayant un impact négatif direct alors que seulement 220 milliards sont investis en restauration et conservation de la nature. Soit 1/30 d’investissement durables.
- La redevabilité, très axée sur l’analyse des risques financiers plutôt que sur les impacts sur la biodiversité en plus d’être insuffisante.
La prise en compte de ces freins aux différents niveaux de la société va entrainer des évolutions juridiques et réglementaires, des changements au niveau des systèmes économiques, comptables et financiers ou de valeurs non instrumentales (comme les normes sociales). Au-delà de la gestion des risques et de la pérennité de l’entreprise, c’est l’opportunité de se démarquer de la concurrence par l’anticipation et de prendre une longueur d’avance en regardant à plus long terme. La prise en compte du sujet dès aujourd’hui est donc un enjeu de compétitivité directe mais aussi l’accès à certains financements et certaines aides. Ce sujet montant en puissance, sa prise en compte permettra d’accéder à de nouveaux marchés, ou encore de recruter plus facilement. L’IPBES estime notamment que les investissements favorables à la biodiversité pourraient générer 395 millions d’emplois d’ici 2030.
LE PASSAGE A L’ACTION
Pour faciliter le passage à l’action, l’IPBES propose plus de 100 actions concrètes réparties selon plusieurs niveaux d’intervention.
Sont proposées des actions à quatre niveaux :
- Sur le portefeuille: Il est possible de désinvestir certaines activités impactantes ou exposées aux risques pour réinvestir ailleurs
- Sur la stratégie: Il est intéressant d’utiliser la biodiversité pour appréhender plus largement la stratégie et limiter les transferts d’impacts ou modifier le modèle de gouvernance pour intégrer plus de parties prenantes.
- Sur la chaine de valeur: Cela permet de mesurer ses risques indirects (physiques et de transitions), d’intégrer et challenger ses fournisseurs pour ce qui est de la chaine amont.
- Au niveau des opération / site / territoire: Cela peut être l’implication des salariés, de la désartificialisation ou de la renaturation de site par exemple.
Pour agir, il existe aussi des outils de mesure d’impacts et dépendances : le rapport propose une grille d’analyse classé en cinq familles pour appréhender la complexité :
- Les observations locales
- La cartographie inclusion de différentes parties prenantes
- Les analyses géographiques
- Les Analyses du Cycle de Vie (ACV)
- Les modèles macroéconomiques.
Bien que les données soient imparfaites, elles sont suffisamment robustes pour aller dans la bonne direction.
Il est important de combiner les différentes méthodes de mesure selon le contexte de l’entreprise, sa localisation ou la finalité de la décision ! Le chercheur Clément Féger conseille de choisir en fonction de plusieurs grands critères : le niveau de couverture, le type d’impacts couverts, le niveau de précision souhaité et de réactivité requis (détection des changements attribué aux actions mises en œuvre par l’entreprises). Par exemple pour les décisions au niveau stratégique ou sur le portefeuille il est intéressant d’avoir des informations assez larges (zone géographique plus large, données macro environnementales, ACV) sans un besoin de forte granularité. Pour en savoir plus sur des spécificités contextuelles, valeurs locales, lien entre actions mises en œuvre et résultat écologiques au niveau d’un site. (obs local, suivit participatif…)
SOLTENA VOUS ACCOMPAGNE
Il n’est pour toujours facile de savoir par où commencer, c’est pour cela qu’il existe des accompagnement clés en main.
Les entreprises Néo-Aquitaines ont la chance de bénéficier de systèmes d’aides régionaux proposant justement un accompagnement clés en main : https://www.soltena.fr/projets/biodiversite-et-strategie-dentreprises/
Ce dernier est renouvelé sur via le programme en cours (phase de recrutement) pour les filières « énergie » et « Chimie et Matériaux » Entreprises et Biodiversité un duo florissant • Soltena
Il est possible de commencer par se former afin de comprendre le sujet avant de se diriger vers les bons interlocuteurs :
- Formations co-financées par la DREAL https://www.helloasso.com/associations/soltena/evenements/titre-de-formation
- Formation finançable par vos OPCO : Les 5 et 6 octobres, lien à venir dans la rubrique événements de notre site https://www.soltena.fr/agenda/
Chez Soltena, nous restons à votre disposition pour vous former, vous conseiller et vous diriger vers les experts dont vous avez besoin.
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